Votre cerveau est fait pour économiser de l’energie
Votre cerveau est une feignasse.
Pas méchant, hein. Juste économe.
Quand il voit un problème, il n’a pas toujours envie de lancer une grande enquête.
Lui, ce qu’il veut surtout, c’est que ça s’arrête vite, que ça remarche, qu’on puisse passer à autre chose, donc il fait un raccourci très humain : il ne cherche pas d’abord la cause mais une solution.
“Il faut former / recadrer / rappeler la procédure / acheter un outil / mieux communiquer.”
Et parfois, ce sont de bonnes pistes.
Mais parfois aussi on répond très proprement à un problème qu’on n’a pas vraiment compris.
C’est un piège classique en observation : confondre ce qu’on voit en premier avec ce qui explique réellement la situation.
Un opérateur contourne une règle ? Vite il faut recadrer.
Sans forcement questionner :
- Si la règle est applicable dans le travail réel,
- Si le bon matériel est disponible au bon moment,
- Si le temps est suffisant,
- Si les infos circulent correctement,
- Si l’organisation ne pousse pas, en pratique, à faire autrement.
Ce qu’on appelle “le problème” est souvent la partie visible du problème.
Observer, ce n’est pas juste repérer ce qui coince, c’est résister à l’envie d’expliquer trop vite.
En ergonomie, la première réponse qui vient à l’esprit est souvent séduisante, rapide, rassurante.
Mais entre une réponse rapide et une réponse juste, il y a parfois tout le travail d’observation et d’analyse.
Le symptôme demande une solution. La cause, elle, demande qu’on prenne le temps de la regarder.