Le travail empêché

« Ce n’est pas ce que je fais qui fatigue le plus, c’est de me dire qu’on pourrait faire beaucoup mieux. »

Cette semaine en observation, un échange m’a marqué.

Les personnes ne décrivaient pas une charge insurmontable.

Ne pas pouvoir faire un travail de qualité.
Ne pas avoir le temps de bien faire.
Devoir bâcler.
Contourner.
Revenir dessus plus tard.

Ce n’est pas l’effort qui use le plus, c’est l’écart entre ce que l’on voudrait faire… et ce que le système permet de faire.

En ergonomie, on appelle ça parfois le conflit de valeurs, le travail empêché, quand le professionnel sait ce qu’est “le travail bien fait”, mais que l’organisation l’empêche d’y accéder.

Et ce type de tension est puissant car il ne touche pas seulement le corps. Il touche le sens du travail.

Analyser l’activité réelle, c’est aller voir où le travail est empêché. Où les marges sont trop faibles. Où les arbitrages deviennent permanents.

Souvent, améliorer la performance ne consiste pas à demander plus mais à enlever ce qui empêche de faire correctement.

Et chez vous, le travail est-il exigeant…ou empêché ?

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