Effet Dunnig-Kruger et ergonomie
“Oui oui, l’ergonomie, je vois très bien ce que c’est.”
Phrase encore entendue la semaine dernière à un cocktail.
En général derrière arrivent assez vite Gestes et postures / siège / bureau / repose-pied / gadgets avec un bout de mousse dessus.
C’est un peu l'effet Dunning-Kruger : quand on ne voit qu’une petite partie d’un sujet, il est parfois facile de penser qu’on a compris l’ensemble.
L’ergonomie, ce n’est pas corriger une posture ou régler un poste.
C’est analyser l’activité réelle, comprendre les contraintes, observer les écarts entre le travail prescrit et le travail réel, regarder les dimensions organisationnelles, cognitives, psychosociales, et intervenir lorsque possible en conception pour éviter de produire de nouveaux problèmes.
Autrement dit : ce qui est le plus visible de l’ergonomie n’est pas toujours ce qui en dit le plus sur le métier.
C'est quand a on commencé à parler activité, organisation, charge mentale, coopération, arbitrages, régulations, qu’on se rend compte que le sujet est un peu plus large qu’un bon réglage de fauteuil, et que le commercial en face a dit "je m'attendais pas à ça, c'est vaste en fait".
Au fond ce n’est pas très grave que l’ergonomie soit parfois réduite à sa partie la plus visible.
Mais c’est toujours intéressant de voir à quel point un métier peut sembler évident… tant qu’on n’a pas encore vu tout ce qu’il contient.